<

L'AVIRON

 

Çà fait 15 ans que j'en fait, alors je serais mal placé pour vous dire autre chose que c'est un beau sport : C'EST UN BEAU SPORT !

Oui c'est vrai pour se forger un corps d'athlète tel que celui que j'utilise actuellement, il faut beaucoup d'entraînement ;-)Plus sérieusement c'est un sport très complet.

Ce n'est pas un sport très télévisuel, on y boit peu de bière et les sponsors ne se bousculent pas. Il est vrai que les images sont la plupart du temps prises de très loin et il est difficile de se rendre compte de l'effort, de la technique déployé par les athlètes. En fait la seule chose qu'on voit bouger c'est le bateau qui avance tranquillement et les types qui s'échinent sur les avirons. Pourtant il s'en passe des choses.

Le mouvement

Musculairement d'abord. Pour ceux qui l'ignorent, nous sommes assis sur des sellettes à roulettes et le  mouvement commence par une forte et longue pression sur les jambes, puis en fin de mouvement on "arrache le coup " avec l'ensemble bras-épaule. Et retour. Les jambes sont donc à l'origine d'environ 70% de l’énergie. Pour les 30% restant à peu près tous les muscles sont sollicités, les bras les épaules et le dos. Seul ce fameux muscle permettant de faire bouger les oreilles n'est pas sollicité.

L'aviron est recommandé aux personnes souffrant du dos pour la simple raison qu'il renforce notamment la musculature au niveau du fameux couple L5S1 qui nous fait tant souffrir. Cela dit, on se bloque régulièrement les vertèbres en rentrant le moteur du Zodiac...

L'ensemble cardio-pulmonaire peut être fortement sollicité, en compétition notamment. En ballade on s'arrache pas les poumons comme en jogging. Cependant le rythme respiratoire est important pour la coordination des mouvements et la maîtrise de l'effort.

L'équilibre

L'aviron c'est un peu comme le vélo. S'il y en a plus, on s’arrête ou on passe à l'eau et souvent les deux. En fait l'athlète lutte en permanence pour imprimer le maximum de puissance tout en gardant un équilibre parfait. La vitesse vient de la conjonction de ces deux composantes plus celle qui suit.

La synchronisation des mouvements

C’est la magie de ce sport. En même temps c’est le plus difficile. Oserais je la comparaison avec un orchestre ? Et bien oui. Sauf qu’on joue tous la même partition et qu’on risque plus de se mouiller. Imaginer la cacophonie d’un orchestre qui joue son morceau en free-lance. L’aviron c’est pareil. En fait même avec un équipage de bûcheron, si les mouvements ne sont pas synchronisés, le bateau n’avance pas. Il n'y a pas plus sport d'équipe que l'aviron. Qu'un équipier commette une erreur où soit carrément mauvais, tout le bateau s'en ressent, chacun le sait. C'est aussi une leçon de tolérance et d'humilité. Il y'en à toujours un plus fort que vous !

La synchronisation parfaite n'est pas atteinte facilement, il faut connaître ses partenaires, adopter un bon rythme, mettre la puissance progressivement et soudain le bateau se met à glisser tout seul, la souffrance disparaît. Là j’emploierai des mots qui rappelleront sûrement un autre sport, mais ce sont de vrais moments de communion voir d’extase.

L’ACBB Aviron se trouve sous le viaduc du Pont de Saint cloud. Le parcours que nous faisons habituellement est la boucle suivante :

Pont de Saint-Cloud, Pont de Sèvres, puis on longe l’île Renault sur la rive droite puis l’île Saint-Germain et demi-tour sous le pont d’Issy (en face de TF1) et retour par la rive gauche et ce que nous appelons le bras mort. Ce parcours fait une quinzaine de kilomètres.

Il faut s’imaginer que vu d’un bateau qui fait 30 cm de profondeur, les vagues provoquées par les incessantes péniches sont pour nous de véritables raz-de-marée. Les dessalages sont fréquents et il y’a parfois des accidents mortels par hydrocution (1 mort à l’ACBB pendant l’hiver 1985, un autre cette année dans un club en aval de Paris).

Oui les péniches sont notre plaie, car si on passe pas tous les jours à l’eau il est très difficile de ramer dans un bassin déchaîné par les péniches et les deux clubs de ski nautiques voisins.

Disons le notre bassin est pourri. Nos voisins qui rament sur de paisibles rivières, où sur des lacs sont beaucoup mieux lotis. C’est pour cette raison que nous faisons parfois des excursions où des compétitions à l’extérieur : sur la Rance, le Marais Poitevins, le Canal du Midi, aux Mureaux…et la Vogalonga à Venise. Tous les ans rendez-vous pour la Traversée de Paris un peu plus en amont sur la Seine.

last maj 20/09/04


pbardet@pbardet.com

Accueil