J'ai tout de suite été fasciné par cet aventurier. Il me renvoie sûrement des images de moi-même ou de personnes que j'ai aimé. Voici ce qu'il m'a inspiré :

 

J’ai rencontré un homme heureux.

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(380ko) Idéal en fond d'écran

 

J’ai rencontré un homme qui va jusqu’au bout de ses rêves, mais qui ne se fait plus d’illusions. Sa tanière est à l’image de sa vie. De l’extérieur elle est attirante, exubérante, charmeuse, enjôleuse. C’est ce que Jacques Boone a trouvé de mieux pour attirer les gens et plus particulièrement les femmes, dans sa maison. A l’instar de son bateau il se demande au sujet de sa maison " m’aiment t’elles pour ma maison ou pour moi-même ? ".

Les deux mon capitaine, ai je envie de lui dire, ta maison c’est comme ton bateau, c’est une projection de toi même, de tes pensées de ta souffrance de ta représentation du monde. Mais Jacques Boone en doute. Il doute de la bonté humaine, de ses mouvements de gentillesse parfois gratuits. Il doute de l’amour désintéressé d’une jeune fille pour un vieux loup de mer de 75 ans. Évidemment je n’ai pas la moitié de son âge. Évidemment en trois générations de temps parmi ses semblables, Jacques Boone a eu tout le temps d’être dégoûté de l’espèce humaine. Désabusé.

Désabusé c’est terrible. Plus d’illusion. On ne croit plus en aucun comportement humain sans dessein sous jacent. La bonté, l’amour ou le pur amitié n’existe plus. Non, je ne peux y croire simplement parce que Jacques Boone est le plus grand rêveur du monde. Croyez moi sur parole, ou lisez les livres de Boone. Allez le voir dans sa tanière bordée de Bougainvilliers où chaque soir a lieu le plus beau coucher de soleil du monde. Jacques Boone rêve, imagine et la représentation de son rêve lui suffit pour trouver toutes les forces nécessaires pour accomplir les rêves les plus fous. Il vous narrera ces exploits. Il adore cela. Mais Boone en artiste du rêve, lui les réalise. Là où tout le monde renoncerait, Boone lui persévère au risque de passer pour un fou.

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Quel sens pratique. La piste d'atterrissage des Saintes est à côté du cimetière.

 

A l’automne de sa vie Jacques Boone, l’homme qui réalise ses rêves plus vite que son ombre ne peut pas être véritablement désabusé. Il se dit lui-même (dans ses livres) grand navigateur naïf. Amoureux transi parfois, et souvent déçu. Quand il parle des femmes c’est avec des trémolos dans la voix, comme si sa vie amoureuse ne lui inspirait que des regrets. Est ce pour cela que notre ami Boone est si désabusé ? Peut-être. Pour ma part j’ai envie de penser autre chose. Boone a eu une vie plus que bien remplie. Il a su vivre, survivre même et maintenant il faut savoir mourir.

A l’âge de Boone on ne fait plus de projet sur 20 ans, ni même sur 5. L’horizon de sa vie n’est pas à l’infini comme moi qui ai 34 ans et en pleine santé. Lui son prochain grand projet c’est sa succession, sa mort. Boone en fait à une véritable angoisse existentielle, assez traditionnelle somme toute mais émouvante quand on connaît un peu l’histoire du bonhomme. Napoléon n’a t’il pas répudié Joséphine de Beauharnais pour cause de stérilité prétendue ? L’empereur voulait un fils pour que son patrimoine génétique lui survive, prenne racine, prospère, prospère l’empire, Prosper Youp la Boone ! Je me lâche un peu sur ce coup là... Que nous le voulions où non,  nous sommes génétiquement réglés pour nous reproduire, semer nos gamètes pour en faire autant d’arbrisseaux qui iront essaimer la terre. La fidélité conjugale n’est qu’un récente invention sociale. A l’instar de Napoléon, exemple célèbre s’il en est, mais c’est là que s’arrête la comparaison sinon le Vénézuela voisin aurait déjà été colonisé à coup de bungalows, Boone réalise que toute trace de passage sur notre planète s’effacera avec la disparition de son enveloppe charnelle.

 

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Boone se dit la chose suivante : " j’ai mené une vie d’aventurier, j’ai vécu de grandes choses, j’ai rencontré des échantillons d’humanité les plus divers, tous les océans (surtout les plus chaud en fait…) m’ont vu passer, mais finalement que va t’il rester après ma mort ? Cette maison en face de la plage du pain de sucre, aux Saintes, à une encablure de la Guadeloupe que j’ai construite de mes mains, a qui vais je la transmettre ? " En même temps, et là c’est une réflexion des plus personnelle que je vous livre, l’âme n’est elle pas simplement le souvenir que nous laisserons dans le cœur de ceux qui nous aiment ? J’ose espérer pour Boone que les multiples rencontres qu’il a pu faire de par le monde laissèrent par ci par là des cœurs susceptibles de battre en évoquant son souvenir. Sinon je comprends son angoisse fondamentale de TRANSMETTRE QUELQUE CHOSE A QUELQU’UN.

 

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